Une fois racheté par l’ASPAS, toutes les clôtures seront enlevées, et chacun aura librement le droit d’y pénétrer, pour s’immerger dans une vie riche. Et pour prendre un peu de recul, cet article sera nourri des réflexions de Baptiste Morizot (philosophe-pisteur qui vient de publier « Les diplomates. Cette neutralisation du droit d’aliénation qui résulte du montage mis en place par l’ASPAS fait aussi penser au régime de la propriété publique, l’inaliénabilité étant une des caractéristiques fortes des propriétés formant ce que l’on appelle en France le domaine public de l’Etat et des collectivités locales. La société ingouvernable. Concernant Dans sa tribune, Baptiste Morizot pose cette question : « Si [la propriété privée] permet d’exploiter, pourquoi ne permettrait-elle pas de protéger ? Dans un contexte d’effondrement, il est d’ailleurs parfaitement logique que le droit à la vie devienne finalement la Marchandise Ultime. Aujourd’hui, cette question du droit à la vie se et possesseurs de la Nature Je reviens au livre de Baptiste Morizot, Manières d’être vivant, sur lequel il y a plus à dire que dans mon billet précédent.Par exemple en repartant du constat simple, mais frappant, qu’il formule presque d’entrée, notre crise écologique ne serait-elle pas d’abord une crise de la sensibilité ? Pourtant il paraît bien difficile de croire à la possibilité d’une généralisation de la stratégie du rachat des terres. Dans cette vision, la propriété a pour fonction de garantir une place dans le monde à tous les existants et c’est précisément ce qu’un projet comme « Vercors Vie Sauvage » incarne. Toute tentative de créer une réserve naturelle nationale ou régionale s’expose en effet à la myriade des revendications des chasseurs, des agriculteurs, des sylviculteurs, du monde pastoral, des industriels, qui refusent de voir un terrain public se soustraire à leur exploitation multiforme (la pâture, la coupe, le fauchage, la chasse…). de prélèvement exercé par des humains pour transformer des Une lettre ouverte sur les librairies fermées en France. du faisceau est orientée « dans un sens » : les Reporterre, 23 janvier 2020 : https://reporterre.net/Le-gouvernement-accelere-la-privatisation-de-l-Office-national-des-forets jQuery("#footnote_plugin_tooltip_6688_16").tooltip({ tip: "#footnote_plugin_tooltip_text_6688_16", tipClass: "footnote_tooltip", effect: "fade", predelay: 800, fadeInSpeed: 200, fadeOutSpeed: 2000, position: "top right", relative: true, offset: [5, 5] }); . On peut répondre factuellement à cette accusation : ici, dans ce petit foyer en libre évolution, vous avez le droit de tout faire – sauf exploiter, tuer, et abîmer l’intégrité du lieu. Dans le Bundle of Rights d’Ostrom, les droits ou règles constituent des prérogatives dont les humais disposent sur des non-humains (les prélever, décider de règles de gestion, les entretenir, etc. Cela avait notamment pour conséquence l’interdiction faite aux plus pauvres d’entrer dans ces forêts pour y exercer leurs droits coutumiers de prélèvement des ressources de première nécessité, comme le bois de chauffage ou la tourbe, ainsi que la possibilité de faire paître des bêtes pour ceux qui ne possédaient pas de terres en propre. Je reviens au livre de Baptiste Morizot, Manières d’être vivant, sur lequel il y a plus à dire que dans mon billet précédent.Par exemple en repartant du constat simple, mais frappant, qu’il formule presque d’entrée, notre crise écologique ne serait-elle pas d’abord une crise de la sensibilité ? d’accomplir un progrès important, en dépassant « l’idéologie Morizot, on doit même cesser de considérer les non-humains comme - baptiste Morizot Actes Sud - Réserves de Vie Sauvage, Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire. Baptiste Morizot Dans son nouveau livre Raviver les braises du vivant à paraître en septembre, et en pré-vente dès aujourd’hui à l’ASPAS, le philosophe-pisteur Baptiste Morizot nous invite cette fois à devenir de véritables négociateurs et diplomates au service du vivant. Là où la théorie économique classique postule que le marché a besoin pour fonctionner de manière optimale d’une réunion des éléments du droit de propriété (usus, fructus et abusus) entre les mains d’un propriétaire unique, Ostrom montre au contraire que, dans la gestion d’une ressource commune, la propriété forme un faisceau complexe de règles dont les parties prenantes se partagent les éléments (droit d’accès, droit de prélèvement, droit de gestion, droit d’exclusion, droit d’aliénation)11Quand Elinor OStrom parle de « droits », elle n’entend pas uniquement les règles formelles du droit positif, mais aussi des règles d’usages déterminées directement par les acteurs et appliquées par les communautés d’utilisateurs de ressources. Contribution au mouvement en cours. CTRL + SPACE for auto-complete. Il ne s’agit pas non plus de « privatiser » ces forêts. C’est pour cela qu’Alain Damasio soutient une initiative de rachat collectif des terres de la ZAD nommée Terre en commun. Elle utilise notamment pour cela la notion de faisceaux de droits (Bundle of Rights). Biens communs, communs et Etat : quand démocratie fait le lien. © 2007 - 2020 - Actualitte.com. « cosmologique » du droit de propriété, qui vise 2018 : https://laviedesidees.fr/Le-commun-et-les-communs.html, https://laviedesidees.fr/Le-commun-contre-l-Etat-neoliberal.html, https://reporterre.net/L-achat-des-terres-a-l-Etat-signe-la-mort-politique-de-la-Zad-de-Notre-Dame-des, https://radioparleur.net/2019/05/17/alain-damasio-les-furtifs/, https://www.aspas-nature.org/reserves-vie-sauvage/charte-des-rvs/, http://wiki.commonstransition.org/wiki/The_Charter_of_the_Forest, https://journals.openedition.org/traces/7001, https://reporterre.net/Le-gouvernement-accelere-la-privatisation-de-l-Office-national-des-forets, https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01884973/document, Comment meurt la forêt pour que croisse la métropole, Trois saisons en forêt. En cela, Elinor Ostrom n’a Cette manière de présenter la propriété privée sous un jour favorable n’est d’ailleurs pas propre au projet « Vercors Vie Sauvage » et on la retrouve aujourd’hui portée par plusieurs mouvements sociaux, y compris chez que des courants que l’on attendrait pas forcément à cet endroit. Revue de la régulation, 2. On rejoint ici les travaux conduits par la juriste Sarah Vanuxem, qui propose de reformuler le droit de propriété, non comme un pouvoir de domination des humains sur les choses, mais comme une « faculté d’habiter la Terre » ouverte à tous les vivants12Sarah Vanuxem. Il a fallu négocier serré : se déguiser en randonneur aguerri, marcher deux bonnes heures sur des sentiers glissants, puis chercher les traces (fécales) d’une colonie de chauve-souris, pour enfin brainstormer dans une grotte. Tracés, 2017, n°33 : Grégoire Chamayou. Imaginons par exemple une usine rejetant des produits polluants dans une rivière incommodant les populations vivant le long des berges en aval. renoncent à gérer la forêt en vue de son exploitation. A l’époque, les forêts d’Angleterre faisaient l’objet d’un vif conflit d’usage entre la monarchie britannique et le peuple. le roi – les empêcher d’entrer dans la forêt pour y assurer », 19 juillet 2019, Le Monde : Baptiste Morizot. Mais un projet comme « Vercors Vie Sauvage » peut être décrit tout autrement. La forêt pourra donc reprendre ses droits sur ce territoire, mais à la condition que nous acceptions que ces droits à la vie deviennent à un moment donné une marchandise et que nous puissions nous organiser pour les acheter en jouant le jeu du marché. de Vie Sauvage » confère aux humains un droit d’accès au Une cohabitation diplomatique avec le vivant. Elinor Ostrom et les faisceaux de droits : l’ouverture d’un nouvel espace pour penser la propriété commune. Dans les faits cependant, il fut aisé pour Jair Bolsonaro d’invoquer son droit de souveraineté pour s’opposer à toute forme d’ingérence et cet épisode rappela finalement les difficultés auxquelles se heurtent depuis plusieurs décennies les tentatives d’instituer des « biens communs mondiaux », faute d’être en mesure d’établir des systèmes de gouvernance efficace à une échelle globale. L’auditeur pourra ressentir cette forêt, elle bruissera de milles formes animales et végétales, un lien est en train de se retisser avec la forêt, qui viendra renouveler notre expérience de randonneur. d’aliénation fait l’objet d’une attention particulière pas réellement rompu avec ce qu’on pourrait appeler la fonction Les « biens communs », a contrario, sont réputés être une tragédie. elle marqué par un point de vue anthropocentré : chaque composante On peut certes réunir ponctuellement 950 000 euros grâce à un crowdfunding, mais combien de milliards faudrait-il que la société civile débourse pour racheter l’ensemble des territoires à protéger ? Ce sont là les paradoxes de ces nouveaux Communs sylvestres que des projets comme « Vercors Vie Sauvage » entendent créer : ils sont extrêmement intéressants par l’imaginaire qui les anime et le décentrement qu’ils opèrent pour prendre en compte les droits des non-humains ; mais ils pourraient aussi devenir inquiétants s’il s’agissait d’abandonner le terrain politique et nous en remettre aux aléas du marché pour préserver le droit de vivre des communautés biotiques. Un tel encadrement du droit d’aliénation se retrouve d’ailleurs dans d’autres initiatives ayant des liens avec les Communs. Le Commun et les Communs, 21 novembre 2014, La Vie des Idées : L’achat des terres à l’État signe la « mort politique » de la Zad de Notre-Dame-des-Landes, 1. son modèle du faisceau de droits, Elinor Ostrom a certes permis positifs qui en sont le corolaire : Certains diront peut-être : « Encore un lieu où les écolos vont tout interdire ! Le vivant est avant tout prodigue, si on lui laisse les conditions pour s’exprimer. Mais le faisceau de droits reste encore chez communauté et leur garantir un droit effectif à la vie. Par les décalages qu’il introduit, le positionnement du projet « Vercors Vie Sauvage » est intéressant, car il permet de faire évoluer et d’enrichir la compréhension des Communs, tout comme en retour, la théorie des Communs peut aider à mieux comprendre ce qui se joue exactement dans ce projet au niveau de l’usage du droit de propriété. humains restent les sujets actifs de ces droits, tandis que les utilisant ce cadre d’analyse. Il n’en reste pas moins qu’il importe de rester prudent vis-à-vis de l’idée d’ériger le rachat des terres en stratégie de protection des forêts. Une des formulations les plus fameuses de ces objections prit la forme du «Théorème de Coase », du nom de l’anglais Ronald Coase (lauréat du prix Nobel d’économie en 1991). Pour une forêt rachetée au nom du droit à la vie, combien seront conservées par des propriétaires que rien n’oblige à vendre et qui ont financièrement intérêt à continuer à exploiter les forêts à blanc plutôt qu’à les céder ? Cette intervention publique visait à soutenir le projet « Vercors Vie Sauvage3https://www.aspas-nature.org/slider/soutenez-projet-vercors-vie-sauvage/ Depuis le mois de juillet, le projet a réussi à réunir les sommes nécessaires au rachat de ces terres. Tous droits réservés. Pour le montrer, il est utile de se référer à la notion de faisceau de droits (Bundle Of Rights) utilisée par Elinor Ostrom, lauréate en 2009 du prix Noble d’économie pour ses travaux sur la gouvernance des Communs9Fabienne Orsi. En défense des foyers de libre évolution, 15 juillet 2019, hal-02183915 : La notion de Communs est à distinguer de notions comme celle de « bien commun mondial » ou de « bien commun de l’humanité ». En réalité, ni le projet « Vercors Vie Sauvage », ni le fonds de dotation de la Zad n’ont recours à l’institution classique de la propriété, si l’on observe bien la manière dont ils vont s’organiser. Une garantie supplémentaire est apportée dans le sens où si l’association venait à disparaître, une clause spécifique de ses statuts prévoit que la propriété des terres devrait automatiquement être transférée à une autre association poursuivant des buts similaires de protection du milieu. jQuery("#footnote_plugin_tooltip_6688_4").tooltip({ tip: "#footnote_plugin_tooltip_text_6688_4", tipClass: "footnote_tooltip", effect: "fade", predelay: 800, fadeInSpeed: 200, fadeOutSpeed: 2000, position: "top right", relative: true, offset: [5, 5] }); . La Fabrique, 2018. Faut-il se réjouir de voir arriver ces forêts sur le marché ? […] Dans une fantastique inversion du réel, les néo-libéraux nous présentent l’appropriation privée comme étant la solution à un désastre environnemental qui est pourtant à la fois le produit d’accumulations privées antérieures et la condition renouvelée d’une appropriation marchande élargie. Ces 500 hectares de forêt vont certes pouvoir être transformés en une « Réserve de Vie Sauvage », mais uniquement parce qu’un propriétaire privé a bien voulu les mettre en vente sur le marché, en fixant le prix de cette transaction. pauvres bénéficiaientdu droit de vivre, nul ne pouvait – pas même – mais la terre) Et qui n'exclut pas des espaces auxquels garantir pour longtemps qu'il suive ses propres dynamiques de vies, que l'humain n'y intervienne pas (sa manie), mais se contente d'y marcher, de contempler, de se ressourcer et d'apprendre. Au final, le projet « Vercors Vie Sauvage », tel que présenté par Baptiste Morizot, occupe un positionnement ambigu, car si d’un côté, il présente l’avantage d’ouvrir de manière originale la question des Communs aux Non-Humains, il s’appuie pour se faire sur la propriété privée, d’une façon qui mérite d’être questionnée. sur la chose possédée. En effet, le système des « Réserves de Vie Sauvage », mis en place par l’association ASPAS, s’appuie sur une Charte établissant un certain nombre de principes de fonctionnement10https://www.aspas-nature.org/reserves-vie-sauvage/charte-des-rvs/ jQuery("#footnote_plugin_tooltip_6688_10").tooltip({ tip: "#footnote_plugin_tooltip_text_6688_10", tipClass: "footnote_tooltip", effect: "fade", predelay: 800, fadeInSpeed: 200, fadeOutSpeed: 2000, position: "top right", relative: true, offset: [5, 5] }); . non-humains en sont les objets passifs. jQuery("#footnote_plugin_tooltip_6688_3").tooltip({ tip: "#footnote_plugin_tooltip_text_6688_3", tipClass: "footnote_tooltip", effect: "fade", predelay: 800, fadeInSpeed: 200, fadeOutSpeed: 2000, position: "top right", relative: true, offset: [5, 5] }); » porté par l’ASPAS (Association pour la Protection des Animaux Sauvages) qui cherchait à rassembler 955 000 euros en financement participatif pour acquérir 500 hectares de forêt – formant auparavant un domaine privé de chasse – dans le but d’établir une « Réserve de vie sauvage », en libre évolution. manifestation d’une limitation intrinsèque du droit de propriété non-humains en ressources à leur usage. La critique que l’on peut faire au projet « Vercors Vie Sauvage », c’est que le recours à l’acquisition foncière revient à faire dépendre la protection de la forêt d’une transaction privée sur un marché plutôt que d’une régulation publique, exactement comme le préconise le « Théorème de Coase ». peut décrire le projet « Vercors Vie Sauvage » en Le propos de cet article ne consiste pas à glorifier la propriété publique et à justifier un retour de l’Etat comme seule issue possible à la crise écologique. Dans un des chapitres du livre intitulé « Nouvelles régulations », Chamayou explique comment les penseurs du néo-libéralisme furent paniqués par l’apparition des premières législations de protection de l’environnement dans les années 60-70. Immersion sonore avec ce philosophe "tout terrain" dans une forêt du Parc Naturel Régional du Vercors. Comme le dit Baptiste S’il existe un faisceau de droits dans le projet « Vercors Nature Sauvage », il est différent de ceux décrits par Elinor Ostrom dans ses analyses, car l’idée même de « forêt en libre évolution » implique que les non-humains de ce territoire bénéficient de droits positifs, à commencer par le respect de leur droit à la vie. Cette question cruciale du droit d’aliénation avait bien été identifiée par Elinor Ostrom dans ses analyses sur la gestion des Communs. By accepting this policy, you agree to the use of cookies and similar technologies. Son propos consiste à suggérer la possibilité de « détourner » le droit de propriété privée pour en subvertir les finalités traditionnelles et les rediriger vers un objectif de protection de la forêt : C’est [la propriété privée] que ces initiatives vont saisir et détourner en toute légalité : si elle permet d’exploiter, pourquoi ne permettrait-elle pas de protéger ? « Si la propriété privée permet d’exploiter, pourquoi ne permettrait-elle pas de protéger ? "S'enforester, c'est laisser la fôret emménager dedans" souffle Baptiste Morizot. Aussi face à cette impasse, d’autres propositions se font jour pour protéger les forêts, mais à une échelle locale et en utilisant la voie de l’acquisition foncière. Fondé sur le respect et l'utilisation des dynamiques du vivant. De quoi refaire, notamment, toute une véritable CIVILISATION agricole, riche de tradition et d'innovations, infiniment subtile, aux antipodes du je-tue-tout-c-qui-bouge-sauf-mon-"produit"-à-vendre. Biens communs, communs et Etat : quand démocratie fait le lien. ». Revue des livres, des idées et des écologies, Les articles originaux publiés sur Terrestres sont placés sous la licence Creative Commons (BY-SA). de l’association. Livre Pour en savoir plus sur nos discrets voisins, nous avons interrogé Gilles Brun, agent de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage spécialiste de la meute « Vercors ouest » (1). On doit notamment à ce genre d’idées la mise en place en Europe du marché des « droits de polluer » sous la forme de quotas d’émission de carbone que les entreprises peuvent s’échanger (avec le succès très discutable que l’on sait…). - Raviver les braises du vivant Cette dernière hypothèse soulèverait plusieurs problèmes et pour les appréhender nous proposons de faire un détour par l’ouvrage « La société ingouvernable » publié en 2018 par Grégoire Chamayou15Grégoire Chamayou. On peut certes faire ponctuellement un usage « tactique » du rachat et de la propriété privée pour saisir des opportunités et organiser des poches de résistance, mais à l’échelle globle, le combat principal reste bien celui des limites à imposer au droit de propriété, que celle-ci soit publique ou privéequ’il soit public ou privé. Ils organisèrent une réplique sur le plan de la théorie économique en s’efforçant d’apporter la preuve de l’inefficacité de ces régulations par rapport aux résultats que l’on pourrait obtenir en laissant les acteurs agir librement sur le marché. ». Et c’est bien le recours à la propriété privée qui fait grincer des dents les auteurs de ce texte, accusant le projet de chercher à « convertir en propriété immobilière la notoriété exceptionnelle accumulée par la lutte pendant des années ». Vercors sud, juillet 2020. We use cookies on our website to improve your user experience and to collect statistical data such as number of unique visitors and time spent on our website. », 19 juillet 2019, Le Monde : https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/07/19/baptiste-morizot-si-la-propriete-privee-permet-d-exploiter-pourquoi-ne-permettrait-elle-pas-de-proteger_5491224_3232.html jQuery("#footnote_plugin_tooltip_6688_1").tooltip({ tip: "#footnote_plugin_tooltip_text_6688_1", tipClass: "footnote_tooltip", effect: "fade", predelay: 800, fadeInSpeed: 200, fadeOutSpeed: 2000, position: "top right", relative: true, offset: [5, 5] }); ». La forêt reste un enjeu politique majeur et l’on aurait tort de se désintéresser du sort des forêts publiques au motif que le rapport de forces n’est pas favorable. Mais il espère aussi que cette stratégie puisse à terme prendre de l’ampleur pour devenir un instrument de lutte et c’est aussi ce que sous-entend Alain Damasio en affirmant que la propriété privée est « la seule chose que le capitalisme respecte ». Dans le cadre du projet « Vercors Vie Sauvage », les terres en cours d’acquisition par l’association ASPAS constituaient justement un ancien domaine privé de chasse dont l’accès était fermé par une clôture électrique, qui sera symboliquement supprimée une fois la forêt constituée en réserve : Le terrain de la future réserve Vercors Vie sauvage était hier encore un domaine de chasse privé, fermé à tous par des clôtures électriques infranchissables. Baptiste Morizot explique de manière simple ce concept de « forêt en libre évolution » sur lequel repose le projet : il s’agit avant tout de « la laisser tranquille » : La restituer aux hêtres, sapins, cerfs, écureuils, aigles, mésanges, lichens… La laisser en libre évolution, c’est-à-dire laisser le milieu se développer selon ses lois intimes, sans y toucher. Radio Parleur, 17 mai 2019 : Fabienne Orsi. essentiellement dans notre tradition occidentale à instaurer les Raviver les braises du vivant. Laisser l’évolution et les dynamiques écologiques faire leur travail têtu et serein de résilience, de vivification, de création de formes de vie. Tout un ancien domaine de chasse, dédié hier au plaisir de la mort, est libéré ici pour servir aux joies de la vie, la vie des autres, et la nôtre en retour. Baptiste Morizot en rappelle l’importance alors que la biodiversité traverse une crise majeure sur la planète : La biosphère peut bien être réduite, appauvrie, affaiblie, il suffit de quelques braises et d’un soulèvement des contraintes pour que le vivant foisonne, se répande, se multiplie dans toutes les directions. Raviver les braises du vivant. L’approche par les Communs présente justement l’intérêt de proposer une forme de dépassement de la dichotomie entre propriété privée et propriété publique. A titre personnel, l’expérimentation « Vercors Vie Sauvage » me paraît extrêmement intéressante (j’ai d’ailleurs contribué à la campagne de crowdfunding) et il y a dans dans la tribune de Baptiste Morizot des éléments remarquables, notamment la manière dont il rattache cette démarche à la question des Communs. Il s’agira néanmoins d’un Commun particulier donc, puisqu’élargi à l’ensemble des vivants, humains et non-humains : Ce n’est donc pas une initiative pour la nature au détriment des humains, ni une action au bénéfice de la nature en tant qu’elle est utile aux humains : c’est une manière d’agir pour le bien de la communauté inséparable des vivants, dont les humains sont membres. Immersion sonore avec ce philosophe "tout terrain" dans une forêt du Parc Naturel Régional du Vercors. Comment ré-ensauvager le monde ? est quant à lui limité au strict minimum, car le principe même de C’est par exemple un principe au coeur de l’activité de l’association Terre de Liens qui agit pour préserver les terres agricoles ou dans le fonctionnement des Community Land Trusts visant à promouvoir l’habitat participatif et à lutter contre la spéculation immobilière dans les villes. Utiliser le droit à la propriété privée pour rendre au vivant ce qu'il lui a confisqué... Baptiste Morizot – Raviver les braises du vivant. Voir Le gouvernement accélère la privatisation de l’Office National des Forêts. Baptiste Morizot. Vercors sud, juillet 2020. D'où l'ASPAS et ses achats de terres. En s’exprimant de la sorte, Baptiste Morizot inscrit son propos dans un des débats les plus épineux qui traversent depuis longtemps la pensée des Communs : doit-on faire des Communs depuis et avec la propriété privée ou contre et sans elle ? L’été dernier, alors que des incendies destructeurs ravageaient une partie importante de l’Amazonie, le Président Emmanuel Macron fit cette déclaration en amont de l’ouverture du G7 réunit à Biarritz : « Nous devons répondre à l’appel de la forêt de l’Amazonie, notre bien commun et donc nous allons agir ». C’était d’ailleurs l’immense intérêt de la Charte des forêts de 1217 d’affirmer que les forêts – même celles qui étaient appropriées – devaient continuer à faire l’objet d’usages communs, en limitant les pouvoirs des propriétaires et jusqu’à celui du roi en personne ! En défense des foyers de libre évolution »2Baptiste Morizot.
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