Ça a duré dix à quinze jours, et puis ça s'est calmé. C'est cela qui lui permit de devenir une pandémie. Aucun média n'utilise le mot de pandémie alors qu'il avait été employé pour la grippe asiatique de 1957. De là, l'Europe étant à l'époque le centre colonisateur du monde, des bateaux, avec à leur bord des marins grippés, partent vers l'Afrique, l'Amérique du Sud, les Indes et la Chine, ainsi que vers l'Océanie, ces marins colportant vers ces terres alors encore épargnées une épidémie qui, de fait, devient alors pandémie. L'épidémie est reconnue lorsqu'elle touche la colonie britannique de Hong-Kong à partir de la mi-juillet. Max C. Starkloff, médecin de la ville de Saint-Louis (Missouri) met en place un des premiers cas de distanciation sociale en médecine moderne[21], en ordonnant la limitation du nombre de personnes pouvant s'attrouper et en fermant les écoles. », « occupent l'agenda médiatique et politique », « culture du progrès qui fait qu'on n'est pas très inquiets », Emerging Infectious Diseases journal - CDC. The devastating effect of the Spanish flu in the city of Philadelphia, PA, USA, Site rts.ch, page "Comment la grippe espagnole a pu faire jusqu'à 100 millions de morts", Why We Don’t Know the True Death Rate for Covid-19, Proceedings of the National Academy of Sciences, Risque pandémique lié à la grippe aviaire, La grippe espagnole, État par État aux USA, United States Navy forces ashore in the United States Admissions-1918, Global Initiative on Sharing Avian Influenza Data, Groupe régional d'observation de la grippe, https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Grippe_espagnole&oldid=176520310, Article contenant un appel à traduction en anglais, Article contenant un appel à traduction en allemand, Article manquant de références depuis mars 2020, Article manquant de références/Liste complète, Page incorrectement traitée par le Module:Unité, Catégorie Commons avec lien local identique sur Wikidata, Article de Wikipédia avec notice d'autorité, Page pointant vers des dictionnaires ou encyclopédies généralistes, Page pointant vers des bases relatives à la santé, Portail:Maladies infectieuses/Articles liés, Portail:Époque contemporaine/Articles liés, Portail:Première Guerre mondiale/Articles liés, licence Creative Commons attribution, partage dans les mêmes conditions, comment citer les auteurs et mentionner la licence, Le rapport de recherches de Michael Worobey, Guan-Zhu Han et Andrew Rambaut, validés par Neil M. Ferguson de l', Les cas précoces et mortels d’infections respiratoires signalés dès 1916-1917 dans le, « virus père », souche inconnue : virus de grippe source, à forte, une proportion de population infectée élevée, évaluée à 500 millions soit 27 % de la population mondiale de 1,8 à 1,9 milliard d'habitants en 1918, François-Charles de Habsbourg-Lorraine, archiduc d'Autriche, prince de Toscane. Ce retour de la pandémie déclenche des foyers épidémiques disséminés sur la planète, notamment dans les régions jusqu'alors épargnées, comme l'Australie, où il ne sera résorbé qu'en août 1919. En France il n’y a pas de véritable épidémie. Dans un article de Libération paru en 2005, l'ancien chef du service d'infectiologie du centre hospitalo-universitaire de Nice, le professeur Pierre Dellamonica, livrait un témoignage glaçant. Et étrangement, on a oublié »[12]. A la fin des années 1960, la "grippe de Hong Kong" a en effet provoqué la mort d'un million de personnes à travers le monde, selon les estimations de l'OMS. En effet, selon les travaux de certains chercheurs américains comme Michael Worobey, professeur de biologie à l'Université d'Arizona, le virus de la grippe espagnole serait né de la combinaison d'une souche humaine (H1), provenant de … - Temps de lecture : L'évolution du taux d'incidence et des patients en réanimation dans nos régions, Activer JavaScript dans votre navigateur pour accéder à l'inscription sur notre site. Bon nombre de villes américaines sont paralysées du fait du grand nombre de malades, ainsi que du grand nombre de personnes refusant d'aller travailler. En fait, elle s'est scindée en une lignée spécifiquement porcine et une spécifiquement humaine puis est devenue par la suite une grippe saisonnière sous une forme beaucoup moins virulente, évoluant par vagues tous les ans jusqu'à aujourd'hui (le virus père H1N1 étant repéré jusqu'en 1957, date à partir de laquelle il s'est réassorti en virus de type A, souche H2N2 de la « grippe asiatique », puis virus de type A, souche H3N2 de la « grippe de Hong Kong » de 1968), les grippes humaines actuelles provenant toutes du virus de 1918 à partir de combinaisons, mutations ou réassortiments[46]. 1918 Influenza: the mother of all pandemics, The American Influenza Epidemic of 1918: A Digital Encyclopedia. Des chercheurs ont suggéré que les différences d'impacts selon les régions du monde étaient liées à l'existence ou non d'une immunité préalable contre N2, voire contre H3 (personnes très âgées ayant connu des grippes H3)[8]. On a par ailleurs constaté que la pandémie de 1918-1919 fut essentiellement caractérisée par trois faits : Un article dans le Lancet en 2006, réalisé par des chercheurs qui ont étudié les registres de décès de 27 pays, montre que la mortalité due à cette grippe varie d'un facteur 30 selon les régions, corrélée au revenu économique moyen par habitant : à 10 % de revenu moyen en plus par habitant correspond une baisse de 10 % de la mortalité (corrélation linéaire inversement proportionnelle). Elle serait la pandémie la plus mortelle de l'histoire dans un laps de temps aussi court, devant les 34 millions de morts (estimation) de la peste noire. Cette accélération peut correspondre à une plus facile propagation du virus, entre autres liée à l'accroissement de la population, à l'urbanisation et à la plus grande fréquence des échanges internationaux »[3]. Si vous voyez ce champ, ne le remplissez pas. Les populations porcines subissent ainsi continuellement l'assaut des virus grippaux aviaires, qu'ils ne craignent normalement pas du fait de la barrière des espèces. Arrêt sur images relève qu'« à l'époque, l'ORTF traite l'affaire avec une relative légèreté, alors que dans certaines régions, les établissements scolaires sont fermés, les transports perturbés »[10]. 30 % de la population adulte masculine, 22 % des femmes et 10 % des enfants périrent. ». Des villes entières sont paralysées, autant par la maladie que par sa crainte. Une différence de réponse également liée à la mondialisation : diffusion des nouvelles en lien avec le virus plus rapide, diffusion du virus lui-même à travers le monde via les transports, économie mondialisée à l'arrêt. L'État américain, ainsi que la population, prennent soudainement conscience de l'importance de cette épidémie. La morbidité (proportion de cas de grippe dans une population) était extrême, près de 30 % de la population était atteinte après 15 jours. Avec les grippes précédentes, seuls 1 % des grippés présentaient des complications pulmonaires plus ou moins graves, et parmi ceux-ci, seuls 1 % des cas était mortels. Il s'agit de l'épidémie de « grippe pneumonique » de 1885-1889 qui, à l'Hôpital de la Pitié où il était interne, tua 2 malades sur 3. Cette "grippe de Hong Kong" a fait plus de 30 000 morts en France à la fin de l'année 1969. L'origine du virus est probablement liée à une souche réassortie apparue en Asie centrale ou en Chine centrale vers le mois de février 1968. Des consignes de distanciation physique existent aussi, mais elles sont appliquées dans les hôpitaux et ne sont pas préconisées à l’ensemble de la population[33]. Bien que les premiers cas connus soient apparus aux États-Unis, on lui a attribué le nom de « grippe espagnole » car l'Espagne — non impliquée dans la Première Guerre mondiale — fut le seul pays à publier librement les informations relatives à cette épidémie. Il était somme toute assez commun : durée d'incubation très courte (de 1 à 2 jours), immense majorité de cas bénins et mortalité habituelle d'environ 0,15 %, soit un cas mortel sur 700 malades, particulièrement chez les vieillards et les nourrissons, comme c'est encore le cas aujourd'hui. Cette fois, quelques semaines ont suffi. Et pourtant, elle a très largement été oubliée. Saint-Louis a ainsi un des taux de mortalité les plus bas des États-Unis[22],[23] (moins de 60 pour 100 000 environ, six semaines après que les premiers cas ont été signalés[24]). La mortalité importante était due à une surinfection bronchique bactérienne, mais aussi à une pneumonie due au virus. Mais surtout les scientifiques réunis par l'OMS en octobre 1969 à Atlanta pour une conférence internationale sur la grippe de Hongkong estiment que la pandémie est finie[4] alors qu'elle va se répandre en Europe à ce moment-là, y compris le bloc de l'Est[5]. Les premiers, souvent des canards, sont un réservoir naturel de virus. La faute à un agenda politique chargé probablement. Dès septembre 1968, l'institut Pasteur isolait la souche virale responsable, mais il fera l'impasse sur son introduction dans la composition du vaccin antigrippal, réduisant son efficacité. Ce virus père ne diffère de ceux des autres grippes que par une contagiosité plus élevée qu'à l'accoutumée, lui permettant d'engendrer une épidémie timidement internationale, cela n'est pas encore assez pour être appelé pandémie. Le ministère de la Santé ne s'est pas alarmé de la situation dans le monde au cours de l'année 1969. Ces épisodes et d’autres encore nous montrent qu’un siècle après la mère de toutes les pandémies, le risque subsiste dans notre monde surpeuplé et interconnecté. Autre exemple, en France, pays englué dans la Première Guerre mondiale depuis 1914, avec des combats sur une partie de son territoire, aucune mesure générale n'est prise par les autorités jusqu'en août 1918. 11 avr. En comparaison, le Covid-19 a tué plus de 100 000 personnes, selon les estimations de l'AFP, à partir des bilans officiels des pays. Aussi, quand en mai 1918 la grippe atteint l'Espagne, la presse espagnole est-elle la première à en décrire les effets[13]. Plusieurs études laissent penser que cette épidémie pourrait avoir été à l'origine d'un premier baby-boom (y compris dans des pays neutres) après la guerre[30]. Septembre 1918 : l'épidémie américaine devient mortelle, Octobre 1918 : l'épidémie devient pandémie, « de 1700 à 1889, l'intervalle moyen entre deux pandémies est de cinquante à soixante ans. Le monde politique semble néanmoins s'être ensuite réveillé. Celle des transports aériens rapides. La censure de guerre limite l'écho médiatique de la pandémie, les journaux annonçant qu'une nouvelle épidémie touchait surtout l'Espagne, pays neutre publiant librement les informations relatives à cette épidémie, alors que celle-ci fait déjà des ravages en France. ». Cette fois, quelques semaines ont suffi. De plus, toute mesure générale risque de devenir un signe de faiblesse en direction de l’ennemi. En juillet 1968, le journal Le Monde donnait la parole à l'Institut Pasteur qui indiquait à propos de l'épidémie qu'« il ne semble pas cependant qu’elle doive prendre un caractère de quelconque gravité ». Puis, sa progression ralentit pour toucher l'hémisphère Nord durant l'hiver 1968-1969. En France, une étude fait état de 240 000 morts dont 33 000 dans l'armée, au Royaume-Uni de 153 000, en Allemagne de 426 000 morts, au total 2 300 000 pour 14 pays d'Europe occidentale (donc vraisemblablement plus de 4 000 000 pour l'ensemble de l'Europe en comprenant l'Autriche-Hongrie, les autres pays d'Europe orientale et la Russie)[41]. Dans l'ensemble du Monde, la grippe a fait plus de morts que la guerre[42]. Les rares prélèvements conservés (par exemple dans de la paraffine solide) s'avèrent aujourd'hui dégradés et inutilisables[46]. La grippe de 1968 ou grippe de Hong Kong est une pandémie de grippe qui s'est répandue dans le monde entier à partir de l'été 1968 et jusqu’au printemps 1970. C'est pour cette raison que l'épidémie a souvent été qualifiée en Europe de « grippe espagnole »[14],[15],[a], sauf en Espagne où elle porte le sobriquet de « Soldat napolitain »[13]. C'est effectivement souvent ainsi qu'apparaissent les nouvelles souches de virus de la grippe : par l'interaction de populations humaines, porcines et aviaires. Du fait de sa grande contagiosité, l'épidémie se répand partout où les voyageurs contaminés, civils ou militaires, vont au gré des transports ferroviaires et maritimes de cette époque, inconscients du danger et de la puissance meurtrière de ce qu'ils portent. Mieux vaux tard que jamais. La recherche sur la structure des virus et le mécanisme de leurs variations est relancée[1]. Il est à noter, et c'est une spécificité de cette grippe, que le taux de mortalité est anormalement haut pour la tranche d'âge de 20 à 40 ans, qui représenta 50 % des décès, avec un pic anormal de la mortalité vers 30 ans, cette tranche d'âge étant habituellement et clairement la moins touchée. Les flambées de grippe s'accélèrent au fur et à mesure des siècles : « de 1700 à 1889, l'intervalle moyen entre deux pandémies est de cinquante à soixante ans. La pandémie grippale de 1918, dite « grippe espagnole », est due à une souche (H1N1) particulièrement virulente et contagieuse qui s'est répandue de 1918 à 1919. L'épidémie a été sous-estimée par les médias en France[4]. À partir de début novembre 1918, le virus se répand très vite dans toute l'Afrique, l'Amérique latine, les Indes, la Chine ainsi qu'en Océanie. Le pourcentage de malades oscille entre 30 et 80 % de contaminés dans les populations locales, parmi lesquels de 1 à 20 % de cas mortels. Après plus de 50 millions de morts emportés par la guerre et cette grippe, la pandémie s'achève définitivement vers le début de l'été 1919. « Updating the accounts: global mortality of the 1918-1920 “Spanish” influenza pandemic. Or, le mode d'organisation traditionnel de la paysannerie mettait en contact direct et continuel les oiseaux de basse-cour, les porcs et les humains. Le virus responsable de la grippe de 1968. Bien que les personnes plus âgées (notamment vers 60 ans), les adolescents et les nourrissons aient subi une morbidité particulièrement élevée, ils ne subirent pourtant pas davantage de pertes (mortalité) qu'à l'accoutumée. L'Allemagne de l'Ouest a également le même excédent de mortalité[6]. En un peu plus d'un an, la pandémie aura fait finalement plus de victimes (voir les évaluations dans le chapeau) dans le monde que la Première Guerre mondiale entre août 1914 et novembre 1918. Mais dans les médias, on est bien loin de la médiatisation actuelle de la crise du coronavirus. Certains pays seront encore touchés en 1919 et 1920 ; le dernier cas est signalé en juillet 1921, en Nouvelle-Calédonie[26]. "C'est après cette crise que les autorités sanitaires et les laboratoires ont commencé à produire massivement des vaccins, notamment contre la grippe, et ont incité les personnes âgées à se faire vacciner", explique l'historien. Avec cette vague de grippe espagnole, ce fut près de 15 à 30 % des grippés qui présentèrent des complications pulmonaires, et environ 10 % de ces cas eurent une issue fatale. modifier - modifier le code - modifier Wikidata. Fin octobre et début novembre, d'abord en France et en Grande-Bretagne, ensuite dans l'Europe entière durant le mois de novembre 1918, l'épidémie devient aussi grave qu'aux États-Unis. Le Pr Julien Besançon dans son livre Les jours de l'homme situe très précisément la date de cette immunisation. Objet de cette conférence internationale : "la grippe de Hong Kong". Alors que cette épidémie, à son apogée de puissance aux États-Unis, y sème le chaos, le désarroi, et surtout la mort, l'Europe compte ses premiers morts dans les rangs des militaires alliés. Dès les années 1916-1917, la « pneumonie des Annamites » fait des ravages parmi les ouvriers ou soldats d’origine indochinoise présents en France, qui meurent de façon fulgurante de syndromes respiratoires aigus. Ce journal ne consacrera que quelques courts articles à la situation[11]. Le lien entre la mortalité de cette épidémie et la pauvreté est ainsi établi[40]. This paper suggests that it was of the order of 50 million. À l'inverse, les autorités néo-zélandaises des Samoa occidentales firent preuve de négligence, et 90 % de la population fut infectée. Ce sont ensuite les soldats américains stationnés au Vietnam qui l’ont importée aux Etats-Unis, où elle y fait 50 000 morts en trois mois. Cette "grippe de Hong Kong" a fait plus de 30 000 morts en France à la fin de l'année 1969. Dans l'immédiat, elle mobilise les systèmes de surveillance et renforce les réseaux internationaux de laboratoires (centres mondiaux et nationaux de référence sur les virus grippaux). Cet important bilan est en partie dû à un manque de vaccin. Le taux de mortalité en Nouvelle-Zélande elle-même fut de 5 %[45]. Aucune souche n'ayant pu être conservée, aucune étude n'a pu être faite sur l'origine de sa contagiosité et de sa virulence, l'une comme l'autre restant inexpliquées jusqu'en 1950, date à laquelle le chercheur Johan Hultin (en) découvre des tissus contenant des traces du virus sur des corps d'Inuits enterrés dans le permafrost d'Alaska[47]. Elle se caractérise ensuite par une période d'incubation de 2 à 3 jours, suivie de 3 à 5 jours de symptômes : fièvre, affaiblissement des défenses immunitaires, qui finalement permettent l'apparition de complications normalement bénignes, mais ici mortelles dans 3 % des cas, soit 20 fois plus que les grippes « normales ». Est-il bien utile d'ajouter à ces maux les risques d’une psychose collective ? Aux Etats-Unis, pourtant, la maladie a déjà fait 50 000 morts. Suivant la même évolution qu'aux États-Unis, la maladie, partant du Nord-Est de la France, conquiert bien vite l'ensemble des tranchées alliées ainsi que le territoire français et, du fait des mouvements de troupes britanniques, gagne la Grande-Bretagne. Ce virus A(H3N2) est toujours actif et circulant en 2020[9]. Il y en avait de tous les âges, 20, 30, 40 ans et plus. Des navires quittant les ports néo-zélandais apportèrent la grippe aux Tonga, à Nauru et aux Fidji ; les taux de mortalité s'y élevèrent à 8 %, 16 % et 5 %, respectivement[44]. Patrice Bourdelais remarque que « c’est à partir de ce moment-là qu’une politique systématique d’encouragement à la vaccination [contre la grippe] de la population âgée s’est mise en place »[4]. La cause de ces anomalies de répartition de la mortalité, ainsi que de sa forte mortalité, plus encore celle des adultes, reste aujourd'hui encore inconnue. Pour Patrice Bourdelais, ce confinement généralisé est en tout cas une "décision historique, une rupture", alors que ce type de dispositifs pour endiguer les maladies (comme la peste) a été abandonné depuis des décennies au nom de la liberté de circulation. Et pour cause : cette épidémie a été grandement minimisée à l'époque des faits. Un chroniqueur du Monde écrit le 11 décembre 1969 que « l'épidémie de grippe n’est ni grave ni nouvelle. La grippe de 1968 ou grippe de Hong Kong est une pandémie de grippe qui s'est répandue dans le monde entier à partir de l'été 1968 et jusqu’au printemps 1970. Alors qu’aujourd’hui, même la mort des personnes âgées est devenue un scandale. Puis la vague épidémique déferle en Europe en 1969. Avant cette grippe de 1918, des pandémies de grippe se produisaient dans le monde en moyenne trois fois par siècle[2]. Cette grippe se caractérise d'abord par une très forte contagiosité : deux fois plus élevée qu'une grippe saisonnière et légèrement supérieure à un simple rhume[29]. Le premier cas est officiellement enregistré le 4 mars 1918 dans le camp militaire de Funston (en) dépendant de Fort Riley au Kansas. Et du fait que le système immunitaire des porcs est proche de celui de l'homme, les virus grippaux aviaires peuvent donc atteindre l'homme par le biais des porcs. En quelques heures, plus de la moitié de ces cas se terminèrent par la mort. En France, il faut attendre 2003 avec les recherches de l'épidémiologiste Antoine Flahault pour connaitre le nombre de victimes en France : 31 226 morts en deux mois[4]. En Inde il y aurait eu au minimum 18,5 millions de morts, soit 6 % de la population, en Chine de 4 à 9,5 millions soit 0,8 à 2 % de la population, ce nombre ne pouvant être estimé dans ces deux pays que dans une fourchette très large[43], au Japon, près de 250 000. Les caractéristiques génétiques du virus ont pu être établies grâce à la conservation de tissus prélevés au cours d'autopsies récentes sur des cadavres inuits et norvégiens conservés dans le pergélisol (sol gelé des pays nordiques). Les vagues épidémiques, là aussi, durent de l'ordre de deux mois sur une région. Le patient zéro aurait été un certain Albert Gitchell, un fermier appelé sous les drapeaux, contaminé par l'un de ses oiseaux, lui-même contaminé par un oiseau sauvage[10]. À partir de 1889, cet intervalle n'est plus que de dix à quarante ans. Si cela demeurait inconnu à l'époque, il est désormais attesté que les différentes espèces d'oiseaux, notamment les canards domestiqués, sont des réservoirs naturels de quantité de virus et que ceux-ci peuvent, sous certaines conditions, se transmettre à d'autres espèces, tels les porcs. En juillet, l'Europe considère l'épidémie comme pratiquement terminée, bien qu'ayant atteint un nombre élevé d'individus, surtout dans les armées, mais s'étant manifestée sans gravité, étant de courte durée, et avec des symptômes classiques peu alarmants. En Europe non plus. Le 18 décembre 1969 alors que la mortalité grimpe en flèche, Le Figaro écrit que l'épidémie « reste stationnaire » et Le Monde titre « L'épidémie de grippe paraît régresser en France »[4]. Les conséquences sanitaires de l'impact de cette pandémie furent ainsi mésestimées sur le long terme par les autorités sanitaires des pays concernés. Dans l'ensemble, ce ne fut non pas la grippe en elle-même, mais les complications pulmonaires qui la suivirent qui furent ainsi la cause principale des cas mortels. Seuls quelques médecins isolés comme Loring Miner (de) écrivirent de petits traités exposant les symptômes constatés, des statistiques de contamination ou de taux de mortalité. Ils mouraient d’hémorragie pulmonaire, les lèvres cyanosées, tout gris. Aussi, comme le montre le graphique ci-contre, c'est le mois d'octobre 1918 qui voit le plus de cas mortels aux États-Unis : un taux de mortalité de près de 5 % chez les malades, soit, rapporté à la population entière (30 à 40 % de la population est atteinte), un taux de mortalité global de 2 %. Selon l'épidémiologiste Antoine Flahault, « la grippe de Hongkong est entrée dans l'histoire comme la première pandémie de l'ère moderne. Dans les pays belligérants, la pandémie survenue dans des sociétés meurtries depuis 4 ans, a été cependant moins meurtrière que la guerre qui a coûté, dans son ensemble la vie à 18 600 000 personnes, y compris les victimes civiles, en grande majorité en Europe. L'atteinte préférentielle d'adultes jeunes pourrait peut-être s'expliquer par une relative immunisation des personnes plus âgées ayant été contaminées auparavant par un virus proche. L’épidémie sévit avec plus de sévérité au mois d’octobre, En cours. ", Recevez gratuitement toute l'information de votre région, Grippe de 1968 : un million de morts dans l'indifférence générale. La reconnaissance des nouvelles caractéristiques du virus ne survient qu'après le pic des infections aux États-Unis. La maladie s'y étend, et dès avril elle apparaît dans un cantonnement britannique à Rouen[11]. On note également que de nombreuses boutiques sont fermées[4]. Les débuts de cette pandémie sont discrets, car le virus n'est pas initialement mortel : l'origine du virus-père de la grippe de 1918, dite « grippe espagnole », est restée pendant longtemps incertaine. Plus précisément, au cours de ces différentes vagues, il y eut 549 000 décès aux États-Unis, premier pays touché. Pour les autres pays, tels que les colonies africaines, l'Amérique du Sud et la Russie (alors en pleine refonte communiste), il n'est fait mention nulle part de quelconques statistiques, mais on peut, en fonction des populations de l'époque et de la mortalité moyenne, y estimer le nombre de morts total à près de 6 millions. Pour les autres, l'épidémie est inévitable : les Européens qui débarquent amènent avec eux le virus. However, it must be acknowledged that even this vast figure may be substantially lower than the real toll, perhaps as much as 100 % understated. Ce n'est qu'en décembre, au moment où les décès se font les plus nombreux, que l'alerte est vraiment donnée, Patrice Bourdelais, historien des épidémies. Du fait, sans doute, de la priorité militaire de l'époque, et malgré la virulence de cette pandémie mondiale, aucune étude scientifique approfondie ne fut entreprise. Le chef du service d’infectiologie du centre hospitalo-universitaire de Nice, le professeur Dellamonica, alors externe à l’hôpital Édouard-Herriot de Lyon témoigne : « On n’avait pas le temps de sortir les morts. Apparue d’abord en Chine, en juillet 1968, la maladie s’est diffusée à Hong Kong massivement. C'est pourtant après cette date que l'épidémie fera plus de 30 000 morts dans l'Hexagone. Il paraît difficile d’ordonner des mesures générales alors que la circulation du virus est mal cernée : « Les autorités n’avaient pas de représentation exacte de la géographie de l’épidémie. Et c'est seulement après sa dissémination que le nombre de contaminés explose. La pandémie est donc enrayée vers le début de janvier 1919, avec un pic de mortalité en décembre 1918. Ces cas mortels n'étaient pas dus au virus lui-même mais, du fait de l'affaiblissement de l'organisme qu'il entraîne, à des complications de maladies normalement non mortelles (bronchite, pneumonie...). Un non-événement pour l'opinion publique, mais aussi pour les pouvoirs publics et le milieu scientifique. Ces pays sont en guerre et censurent les informations sur la maladie pour ne pas affecter le moral des populations. Une autre hypothèse serait le système immunitaire de cette classe d'âge qui a trop vigoureusement réagi à ce nouveau virus, en déclenchant un choc cytokinique qui endommageait tous les organes, au point de tuer nombre de malades. C'est aussi après cette crise qu'ont été créés les Groupes régionaux d'observation de la grippe (Grog)... Quoique 14 plus tard, en 1984. On ignore aujourd'hui encore s'il s'agit d'une seule ou de différentes souches, toutes n'engendrant cependant que des symptômes bénins. Des chercheurs américains ont d'ailleurs publié en octobre 2005, dans les revues Science et Nature (voir Bibliographie), une étude sur un virus de la grippe espagnole reconstitué (à partir d’un prélèvement de poumon d’une femme décédée lors de la pandémie de 1918 en Alaska et enterrée dans le pergélisol), qui tend à montrer que son origine était aviaire. Pour rappel, la grippe saisonnière fait environ 10 000 morts chaque année. Taux difficile à estimer en cours de pandémie, attention, l'OMS ne donne pas d'information sur la létalité mais se contente de donner le taux de personnes décédés sur celui des personnes testés ce qui est différent. Dans le même temps, les premiers cas sont signalés en Europe, le virus y est probablement apporté par le biais de renforts américains venus aider les armées alliées. À compter de cette date, cette vague virale, bien qu'étant dans la lignée directe de la précédente, se caractérise par une mortalité 10 à 30 fois plus élevée que les épidémies grippales habituelles, soit un taux de mortalité moyen situé entre 2,5 et 3 % des grippés. Le gouvernement des Samoa américaines isola l'archipel et parvint à protéger sa population. Arnaud Déchelotte, Geoffroy Jacqueson et Marine Clette, Grippe de Hongkong en 1968 : pourquoi on l’a tous oubliée, Global Initiative on Sharing Avian Influenza Data, Groupe régional d'observation de la grippe, https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Grippe_de_Hong_Kong&oldid=176215412, Article contenant un appel à traduction en anglais, Portail:Maladies infectieuses/Articles liés, Portail:République populaire de Chine/Articles liés, Portail:Époque contemporaine/Articles liés, licence Creative Commons attribution, partage dans les mêmes conditions, comment citer les auteurs et mentionner la licence. En 1968 et 1969, le virus de la grippe A(H3N2) avait mis plusieurs mois à passer de l'Asie, aux Etats-Unis et à l'Europe. Chiffres basés sur la situation américaine à ce jour, rapportés par le. Est-il bien utile d'ajouter à ces maux les risques d’une psychose collective ? Avec son arrivée en Europe, ce virus devint international, ce qui annonce déjà son originalité. C'est alors seulement que l'épidémie prend réellement une ampleur considérable. Les États-Unis sont brutalement submergés par cette épidémie nouvelle. Les gens arrivaient en brancard, dans un état catastrophique. Toutefois, cette dernière estimation est plus qu'incertaine. Une semaine plus tard, début octobre 1918, c'est l'ensemble du territoire des États-Unis et de l'Amérique du Nord qui est atteint. Cette pandémie sera classée au niveau 2 de l'indice de gravité de la pandémie, qui en compte 5, de 1 (bénigne) à 5 (très grave).
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